Voir moins bien la nuit est naturel. On ne se fait pas opérer pour cette raison. Cependant, si le bilan ophtalmologique détecte un trouble de la vision opérable et responsable d’une vision de nuit difficile, une intervention de chirurgie réfractive peut alors être envisagée. Cela n’est pourtant pas systématique : le port d’une correction optique adaptée peut s’avérer suffisant dans certains cas et, dans d’autres, la solution est de nature médicale, par exemple en cas de sécheresse oculaire.
Vision de nuit difficile : de quoi parle-t-on ?
Même sans aucune anomalie oculaire, il est normal de voir moins bien la nuit. En effet, l’œil humain, à la différence de celui des chats, possède peu de photorécepteurs adaptés à l’obscurité. De plus, lorsque la luminosité diminue, la pupille se dilate pour compenser, mais cela réduit la précision optique : les contrastes chutent et la mise au point devient moins stable.
Cependant, l’intensité de la gêne varie fortement d’un individu à un autre, et cela peut être dû à l’existence d’un trouble de la vision. Certains décrivent une simple baisse de netteté ou un léger inconfort, tandis que d’autres rapportent une dégradation beaucoup plus marquée. Ils peuvent notamment percevoir des halos autour des lumières, être victime d’éblouissements ou de vision dédoublée, toutes choses qui induisent de l’insécurité lors de la conduite nocturne.
A ce stade, il est essentiel d’insister sur un point : mal voir la nuit n’est pas une pathologie mais peut en être la manifestation, le symptôme éventuel. Dans tous les cas, le premier réflexe doit donc être de consulter, pour réaliser un examen ophtalmologique complet. C’est uniquement à l’issue de celui-ci que le praticien peut parfois évoquer la possibilité d’une intervention, si un trouble visuel opérable et responsable de cette mauvaise vision nocturne a été identifié.
Causes potentielles d’une vision de nuit difficile
Plusieurs troubles visuels peuvent expliquer des difficultés de vision nocturne. Il peut notamment s’agir de certaines amétropies : myopie, astigmatisme ou hypermétropie.
De même, la cataracte provoque souvent une gêne importante en cas de faible luminosité, induisant notamment la perception de halos lumineux, une baisse de contraste et des éblouissements.
Par ailleurs, une sécheresse oculaire, spontanée ou post-opératoire, peut également déboucher sur une vision fluctuante et brouillée en faible luminosité.
Enfin, certaines irrégularités cornéennes ou aberrations optiques peuvent amplifier la gêne nocturne, même si la vision diurne semble correcte.
Dans quels cas une intervention est-elle pertinente ?
Une intervention de chirurgie réfractive n’est pas forcément la solution à une mauvaise vision nocturne. C’est notamment le cas pour les patients atteints de sécheresse oculaire ou d’instabilité du film lacrymal. Dans ces situations, opérer n’améliorerait pas la vision nocturne et pourrait même majorer l’inconfort.
Ainsi, au lieu d’envisager une chirurgie, plusieurs stratégies peuvent aider à réduire la gêne ressentie. Il peut notamment s’agir d’adapter la correction optique ou de traiter la sécheresse oculaire.
Néanmoins, pour les patients atteints d’amétropie(s) et qui souhaitent se défaire du port de verres correcteurs, une intervention peut s’avérer bénéfique, que ce soit un traitement laser (Lasik, PKR ou SMILE) ou implantaire (lentilles Phake, Prelex).
Pour sa part, la cataracte est une indication claire de la chirurgie de remplacement du cristallin. En effet, ce geste améliore en général très nettement la vision nocturne.
