Il est fréquent que l’astigmatisme soit associé à de l’hypermétropie. Ce double défaut visuel est appelé « astigmatisme hypermétropique ». Il peut être corrigé par le port de verres correcteurs. Cependant, lorsque cette solution est vécue comme contraignante, une intervention de chirurgie réfractive peut être envisagée. Selon le profil du patient et l’importance du trouble visuel, la prise en charge repose soit sur un remodelage de la cornée au laser Excimer (Lasik ou PKR), soit sur la pose d’une lentille intraoculaire artificielle.
Astigmatisme hypermétropique : la combinaison de deux troubles de la vision
L’astigmatisme est un trouble visuel le plus souvent lié à une anomalie de courbure de la cornée, qui présente une forme ovoïde plutôt que sphérique. Plus rarement, la forme du cristallin peut aussi être en cause (astigmatisme « interne »), totalement ou partiellement.
Dans ses formes cliniquement significatives, celles qui entraînent une gêne visuelle, il toucherait environ 15 millions d’adultes en France. Le symptôme principal est une vision floue, aussi bien de près que de loin.
Pour sa part, l’hypermétropie correspond à une focalisation des rayons lumineux en arrière de la rétine, et non pas à sa surface, ce qui devrait être le cas pour une vision parfaite. Les objets proches apparaissent flous, tandis que la vue de loin est généralement correcte. Ce défaut réfractif découle d’une cornée trop plate ou d’un globe oculaire trop court.
Or, l’astigmatisme est rarement isolé. Il coexiste souvent avec de la myopie ou de l’hypermétropie. Dans ce dernier cas, on parle d’astigmatisme composé hypermétropique.
Traitement de l’astigmatisme associé à l’hypermétropie : la priorité aux techniques laser
Ce sont les techniques de chirurgie réfractive au laser qui sont habituellement envisagées en première intention pour traiter l’astigmatisme hypermétropique. Cela s’explique notamment par leur caractère peu invasif : elles ne ciblent que la cornée, l’une des structures de l’œil les plus externes. Autrement dit, il ne s’agit pas de chirurgies intra-oculaires.
À l’heure actuelle, le SMILE ne permet pas encore de corriger l’hypermétropie. Ce sont donc le Lasik et la PKR (ou sa variante TransPKR) qui sont utilisés. Le principe de ces méthodes est globalement le même. Il s’agit, avec un laser Excimer, d’accentuer la courbure de la cornée afin de corriger l’hypermétropie, tout en lui redonnant une forme sphérique pour traiter l’astigmatisme.
De façon générale, le Lasik est préféré. En effet, il permet une récupération visuelle plus rapide et des suites opératoires quasi indolores. La PKR constitue néanmoins une alternative de choix dans certains cas, en particulier chez les patients à la cornée trop fine (moins de 500 micromètres) ou ceux dont les activités exposent à un risque conséquent de choc oculaire.
Quand recourir aux implants pour traiter l’astigmatisme hypermétropique ?
Lorsque la chirurgie laser est contre-indiquée ou que le défaut visuel est trop important pour être traité par photoablation (cela fragiliserait trop la cornée), c’est la pose de lentilles artificielles qui devient la solution.
Chez les patients jeunes, il s’agit le plus souvent d’implants Phake. Ce sont des dispositifs mis en place derrière l’iris et devant le cristallin, dans la chambre postérieure de l’œil. Cette technique est séduisante par son caractère purement additif et donc réversible : si nécessaire, il est tout à fait possible de retirer un implant Phake, le patient retrouvant alors la vision qui était la sienne avant l’intervention.
En revanche, chez les sujets plus âgés, atteints de cataracte ou proches de l’âge où elle se déclenche habituellement, la solution consiste à retirer le cristallin et à le remplacer par une lentille artificielle au pouvoir correcteur adapté.