La survenue d’une cataracte après une vitrectomie est fréquente, touchant jusqu’à 80 % des patients dans les 2 à 3 ans. Le traitement de cette opacification du cristallin est alors plus délicat que dans les cas classiques, en particulier parce que la vitrectomie a fragilisé les structures oculaires. Cependant, si les précautions nécessaires sont observées, la chirurgie de la cataracte après vitrectomie est une intervention efficace qui garantit de bons résultats.
Cataracte après vitrectomie : causes
On appelle « vitrectomie » un geste chirurgical nécessaire au traitement de certaines affections de la rétine. Le principe est de retirer tout ou partie du corps vitré, gel transparent situé entre le cristallin et la rétine, afin d’accéder à cette dernière pour la soigner.
Si cela permet souvent de restaurer ou de préserver la vision, la survenue d’une cataracte dans les mois ou les années qui suivent une vitrectomie est fréquente : elle concerne 60 à 80% des patients dans les 2 à 3 ans.
Cela s’explique surtout parce que le vitré joue un rôle dans la diffusion de l’oxygène au sein de l’œil. Lorsqu’il est retiré, l’oxygène issu de la rétine diffuse plus librement vers le cristallin, entraînant une oxydation accélérée de ses fibres qui induit progressivement une opacification du noyau cristallinien.
Traitement de la cataracte après vitrectomie
Lorsqu’il est confirmé que les troubles de la vision correspondent effectivement aux premiers signes d’une cataracte et non à une atteinte rétinienne persistante, une chirurgie de la cataracte doit être envisagée.
Elle consiste à retirer le cristallin opacifié après l’avoir désagrégé aux ultrasons (phaco-émulsification), puis à le remplacer par un implant intraoculaire transparent qui est introduit dans la capsule qui contenait le cristallin naturel. Il s’agit du mode de prise en charge classique de l’opacification du cristallin. Cependant, dans ces circonstances, il demande une attention particulière.
En effet, l’absence de vitré fragilise le segment postérieur de l’œil (rétine, choroïde, nerf optique). Ce « syndrome d’instabilité du segment postérieur » s’explique parce que le vitré agit normalement comme un amortisseur interne.
Cataracte après vitrectomie : quelles précautions supplémentaires ?
En premier lieu, chez les patients ayant auparavant été opérés par vitrectomie, les mesures biométriques réalisées en amont du traitement (pour déterminer les caractéristiques optiques de l’implant) nécessitent une attention accrue. En effet, il est fréquent que de l’huile de silicone soit introduite dans le segment postérieur après vitrectomie, pour maintenir la rétine en place pendant la cicatrisation. Or, la présence de cette huile peut fausser les mesures.
Par ailleurs, au cours de la chirurgie de la cataracte, l’équipement utilisé permet d’injecter en continu un liquide afin de maintenir la forme du globe oculaire et la pression interne. C’est ce qui compense la baisse de pression induite par l’aspiration des débris du cristallin après phaco-émulsification.
Chez les sujets qui ont subi une vitrectomie, l’instabilité du segment postérieur fait que cet aspect doit être maîtrisé de façon encore plus rigoureuse, en adaptant parfaitement le débit d’aspiration des débris et celui d’injection du liquide (« débit d’irrigation »).
Enfin, dans le cas d’une vitrectomie antérieure, la manipulation des instruments est également plus délicate, car la partie postérieure de la capsule est plus fine, fragilisée, ce qui augmente les risques de rupture et donc celui de voir des fragments du cristallin migrer vers la rétine.
Grâce à ces différentes précautions, le traitement de la cataracte après vitrectomie offre généralement d’excellents résultats visuels, à condition que la rétine soit stable et que l’indication opératoire ait été posée de façon rigoureuse.








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