Il est relativement fréquent d’avoir les yeux secs après une chirurgie de la cataracte. Cette sécheresse oculaire est généralement transitoire. Elle s’explique par les micro-incisions cornéennes pratiquées, l’inflammation post-opératoire et l’utilisation des indispensables collyres antibiotiques et anti-inflammatoires. Sa prise en charge se fait via l’instillation de larmes artificielles prescrites par le praticien. Dans la majorité des cas, elles permettent un retour à la normale en 4 à 8 semaines.
Pourquoi peut-on avoir les yeux secs après une chirurgie de la cataracte ?
Pour traiter la cataracte, le principe est d’extraire le cristallin en voie d’opacification et de le remplacer ensuite par un implant. Pour cela, le praticien doit pratiquer dans la cornée de minuscules incisions. C’est grâce à elles qu’il peut accéder au cristallin et introduire les instruments chirurgicaux requis.
Néanmoins, parce qu’elle induit la section de certains nerfs qui régulent la production du film lacrymal, la pratique de ces incisions peut être à l’origine d’une sécheresse oculaire. Généralement transitoire, elle touche de 10 à 30 % des patients traités selon les études.
Les autres causes de ce phénomène incluent une modification temporaire de la composition du film lacrymal, l’inflammation post-opératoire, l’irritation engendrée par les collyres utilisés après l’opération ainsi qu’une diminution de la fréquence du clignement.
Yeux secs après chirurgie de la cataracte : quel traitement ?
La sécheresse oculaire post-opératoire est classiquement prise en charge par l’utilisation de larmes artificielles. Il est essentiel qu’elles soient prescrites par le praticien qui saura choisir la composition la plus adaptée au patient.
En particulier, ces gouttes doivent être exemptes de conservateurs. En effet, certains, comme le chlorure de benzalkonium, sont susceptibles de majorer l’inflammation, de ralentir la cicatrisation cornéenne et d’aggraver l’instabilité lacrymale. Leur utilisation répétée risquerait alors de favoriser, voire d’accentuer, les symptômes de sécheresse oculaire : brûlures, picotements ou sensation de corps étrangers dans les yeux.
À l’inverse, les larmes artificielles sans conservateur offrent normalement une excellente tolérance. Elles permettent des instillations fréquentes sans effet délétère et favorisent une restauration progressive du confort visuel après l’intervention.
Ces produits ophtalmiques sont conçus pour lubrifier et protéger la surface de l’œil. Ils contiennent notamment des agents hydratants. Des agents viscosifiants y sont également associés. Ces substances augmentent la viscosité des larmes et prolongent donc leur temps de contact avec la surface oculaire.
Par ailleurs, ces collyres contiennent aussi des électrolytes, comme le sodium, le potassium ou le calcium. Ces ions sont en effet indispensables au maintien de l’équilibre du film lacrymal.
D’autre part, certaines formules intègrent aussi des agents osmoprotecteurs, pour pallier la déshydratation due à une évaporation lacrymale trop rapide. La présence de composés lipidiques est aussi possible, pour renforcer la couche grasse du film lacrymal et donc limiter l’évaporation des larmes.
Durée d’utilisation des larmes artificielles après traitement de la cataracte
Généralement, les larmes artificielles sont utilisées pendant 4 à 8 semaines, temps nécessaire à la cicatrisation cornéenne et à la stabilisation du film lacrymal. Cependant, chez certains patients, notamment en cas de sécheresse oculaire préexistante, le traitement peut être prolongé. Dans tous les cas, l’arrêt se fait progressivement, en fonction des symptômes et toujours sur avis du praticien.








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