Certaines techniques sont parfois présentées comme des alternatives aux techniques de chirurgie réfractive et au port de verres correcteurs. Si leurs effets sur la myopie méritent effectivement d’être discutés, il apparaît néanmoins qu’aucune de ces méthodes n’offre de résultats stables dans le temps et que, pour certaines, elles ne sont encore qu’expérimentales. Guérir durablement la myopie sans chirurgie n’est donc pas une réalité aujourd’hui.
Méthodes répandues de prise en charge de la myopie
Le port de lunettes ou de lentilles est le mode de prise en charge de la myopie le plus classique. Cela n’a bien sûr rien de chirurgical et la correction est temporaire. Elle cesse dès les lunettes ou lentilles ôtées.
Pour leur part, Lasik, PKR, SMILE, Prelex et pose d’implants Phake, sont clairement des actes chirurgicaux et, lorsque l’indication est bien posée, la correction apportée est durable sur de longues années, voire définitive.
La méthode Bates ou « yoga des yeux »
Dans les années 1920, l’ophtalmologue William Bates a développé une méthode de rééducation des yeux fondée sur des exercices à pratiquer régulièrement. D’après lui et certains de ses partisans actuels, cela pourrait permettre de retrouver une meilleure acuité visuelle de façon naturelle, sans chirurgie.
Pourtant, ces méthodes n’ont jamais prouvé leur efficacité sur le plan scientifique en matière de réduction de la myopie. Dans la mesure où ce trouble visuel est dû à un œil un peu trop long et/ou à une cornée trop bombée, cela s’explique aisément. Néanmoins, les exercices proposés peuvent effectivement être utiles pour limiter la fatigue oculaire.
Orthokératologie
Le principe de l’orthokératologie est le port nocturne de lentilles rigides spéciales qui modifient temporairement la courbure cornéenne. Au réveil, puisque la cornée est aplatie, la vision est plus nette sans lunettes ni lentilles. L’effet est cependant totalement réversible et le port nocturne de lentilles rigides induit des risques : infections, inflammations, abrasion mécanique etc.
Gouttes et nano-gouttes
Il y a quelques années, des chercheurs ont exploré l’utilisation de gouttes oculaires composées de nanoparticules et potentiellement capables de modifier temporairement la réfraction. Elles nécessitaient cependant de percer des trous microscopiques au laser dans la cornée. La technique était donc de nature chirurgicale et, à ce jour, ces travaux n’ont pas dépassé le stade expérimental.
Aujourd’hui, seules les gouttes à base d’atropine montrent une efficacité pour ralentir la progression de la myopie chez l’enfant. Il ne s’agit donc pas de « guérir » la myopie mais de freiner son évolution.
L’électro-remodelage mécanique
L’électro-remodelage mécanique (EMR) est une technique expérimentale qui consiste à modifier temporairement la courbure de la cornée grâce à l’application contrôlée d’un courant électrique.
Le remodelage obtenu est superficiel, réversible, et l’effet s’estompe rapidement après la procédure. De plus, les études disponibles, limitées et sans suivi à long terme, montrent des variations optiques modestes et instables. À ce stade, l’EMR ne constitue donc pas une alternative validée aux méthodes de correction éprouvées.








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